Interview de Cédric Pioline, co-directeur de Bercy
Le BNP Paribas Masters fête son 20e anniversaire cette année. Quel bilan faites-vous du tournoi depuis son lancement en 1986 ?
C’est un tournoi qui a su s’installer dans le temps au plus haut niveau. Il a traversé les années en s’imposant parmi l’élite des tournois et en faisant venir les tout meilleurs joueurs. Aujourd’hui, il constitue la dernière étape des ATP Masters Series, la « Champions League » de l’ATP Tour. Cela respecte les objectifs que les fondateurs du tournoi s’étaient fixés.
En fêtant son 20e anniversaire, le tournoi a atteint sa maturité. Quelles sont les évolutions à attendre pour 2006 ?
Nous avons la volonté de faire d’une journée passée à Bercy pendant le BNP Paribas Masters, une expérience unique et inoubliable pour les spectateurs.
Toute l’organisation du tournoi doit permettre aux spectateurs d’assister et de participer à un spectacle total. Ainsi, nous allons utiliser de manière intensive les écrans géants de la salle afin que le public bénéficie des mêmes informations que les journalistes ou que les téléspectateurs.
Nous allons aussi continuer de développer les animations sur le court afin de rendre les joueurs plus proches des spectateurs, et en particulier du jeune public, pour lequel les demandes d’autographes, la participation à des jeux et concours de toutes sortes sont les compléments naturels du spectacle sportif.
Dernière preuve de notre volonté de placer la qualité de l’accueil du public au sommet de nos préoccupations: nous supprimons cette année toutes les places qui ne permettaient pas d’avoir une visibilité parfaite du court.
Au niveau de la billetterie, quelles sont les nouveautés ?
Nous avons beaucoup travaillé sur ce sujet. Notamment afin de cibler particulièrement les familles et les groupes. Pour ce faire, nous avons revu la grille tarifaire à la baisse, de sorte que le prix moyen d’un billet diminue cette année de 10 %. Parallèlement, nous développons de nouveaux produits de relations publiques afin d’attirer la clientèle des petites et moyennes entreprises.
La FFT a également conclu un accord avec Suez Environnement qui renforce le rôle social des deux partenaires. Ainsi, Suez Environnement achètera chaque année deux mille cinq cents places qui seront distribuées, avec la collaboration du Secours Populaire, à des enfants issus de quartiers sensibles.
A quelle place situez-vous le BNP Paribas Masters dans la hiérarchie des tournois ?
Juste derrière les épreuves du Grand Chelem. Le BNP Paribas Masters fait partie de la catégorie des ATP Masters Series qui réunit les neuf plus grands tournois du monde. A cette position enviable s’ajoute la dimension « parisienne » de l’événement.Ce n’est donc pas étonnant que les joueurs aient tous envie d’avoir à leur palmarès une victoire au BNP Paribas Masters.
Quel est votre bilan de l’édition 2005 ?
Malheureusement, nous avons eu à déplorer quelques forfaits. C’est une problématique que l’on essaye de résoudre en collaboration avec l’ATP. Cela dit, l’édition 2005 était très belle en terme de fréquentation puisqu’elle a tout de même attiré plus de 90 000 spectateurs.
Comment faire pour remédier aux forfaits ?
C’est la quatrième année que je suis impliqué dans l’organisation du tournoi et je mesure à quel point le problème est complexe. Il faut travailler en profondeur sur le calendrier et sur le règlement, en particulier sur le système de classement.
On aimerait que les responsabilités des joueurs soient plus clairement définies, puisque les obligations des tournois sont elles-mêmes clairement déterminées et que si l’on y déroge, on s’expose à des sanctions. Aujourd’hui, ce n’est pas vraiment le cas au niveau des joueurs. Je peux comprendre qu’une saison est longue, que le programme est chargé, mais les joueurs, et en particulier les tout premiers, qui sont les principaux bénéficiaires du système, se doivent de faire en sorte d’être prêts pour les grands événements de la saison.
L’édition 2005 a été remportée par Tomas Berdych. Qui aimeriez-vous voir lui succéder ?
Pas mal de joueurs feraient de beaux vainqueurs : Roger Federer, qui a manqué les deux dernières éditions du tournoi, Rafael Nadal, même si ce n’est pas sa meilleure surface… Un joueur comme Marcos Baghdatis est également intéressant, car il est très spectaculaire. Mario Ancic ferait aussi un beau vainqueur. Chez les jeunes, voir Richard Gasquet au top de sa forme ne serait pas pour nous déplaire non plus. Mais tout autre Français sera le bienvenu !
Que pensez-vous de l’évolution du jeu actuel ?
L’évolution est incroyable. Les joueurs tapent de plus en plus fort, de plus en plus longtemps ! Le rythme de jeu est toujours plus élevé, et les joueurs plus complets dans la maîtrise physique et technique. Le niveau s’est également resserré entre le premier et le cinquantième mondial, même si Federer et Nadal se détachent.
Justement que pensez-vous de la rivalité Federer - Nadal ?
Elle est très bonne pour le jeu. Je crois qu’une des rivalités que les gens citent spontanément est celle qui a existé entre McEnroe et Borg, justement parce qu’ils avaient deux caractères et deux styles de jeu opposés. C’est un peu ce que l’on retrouve aujourd’hui. C’est peut-être un petit peu moins prononcé au niveau du caractère, mais ils sont quand même très différents. Et puis Federer et Nadal se rencontrent souvent en finale ! C’est quelque chose de bien. On est content au début quand Federer domine et puis finalement quand personne n’arrive à le battre, ce n’est pas que ça devient ennuyeux, mais bon…
Le tennis est un sport de confrontations et si personne ne peut répondre, ce n’est pas idéal pour le spectacle. Or, aujourd’hui, il y a une confrontation on ne peut plus intéressante. Et se dire par exemple que le seul joueur contre lequel Federer a perdu durant les sept premiers mois de l’année (NDLR : il a été battu par Andy Murray à Cincinnati mi-août) est Nadal, c’est incroyable !
Comment vous partagez-vous les rĂ´les avec Alain Riou ?
Je joue le rôle d’un ambassadeur du tournoi avec tout ce que cela peut comporter : les relations avec les médias, les sponsors, et avec les joueurs bien sûr… tandis qu’Alain oeuvre davantage dans l’ombre, notamment avec l’ATP, le POPB, sur les budgets, les droits télévisés ainsi que sur de nombreux autres dossiers. Travailler à ses côtés est très enrichissant pour moi, car nos expériences sont très complémentaires.
En marge du BNP Paribas Masters, quelles sont vos autres activités dans l’année ?
Je suis consultant pour Francetélévisions pendant Roland-Garros, je prends part régulièrement à des actions fédérales et je joue toujours quelques tournois d’anciens, sur les Grand Chelem ou sur le Senior Tour. C’est assez agréable car cela me permet de continuer à jouer un peu.
Envisagez-vous de vous impliquer davantage encore dans la vie du tennis français ?
Pour l’instant, je suis assez content avec ce que je fais. Mais c’est vrai que je souhaite rendre au tennis tout ce qu’il m’a donné en essayant de contribuer à développer le tennis français sur le plan national et international.
Pour conclure, quel est selon vous l’avenir du tournoi ?
Radieux ! C’est un tournoi historique qui a un bel avenir. De plus, le projet d’extension de Roland-Garros devrait permettre de rapatrier le tournoi dans ces nouvelles installations. Ce qui permettrait notamment de réduire les coûts, et de voir le BNP Paribas Masters évoluer dans un site encore plus prestigieux. Je crois donc que le tournoi a de très belles années devant lui.
Sources:
Service communication de la Fédération française de tennis
Photos perso prises lors du Trophée Lagardère 2006 et de Roland Garros 2006



nov 5th 2006
Bonjour,
Aucun joueur français n’est plus, exceptĂ© Yannick, CAPABLE d’inscrire son nom Ă un palmarès STANDARD. Faute sans doute Ă un sperme de moins bonne QUALITE que le reste du Monde.
Finale 2006 : Hrbaty est le plus fort.
nov 7th 2006
Mais bon sang, mais bien sĂ»r… tout s’explique, c’est Ă cause du sperme! Je me demande vraiment pourquoi on n’y avait pas pensĂ© plus tĂ´t.
Merci pour ton explication.