Tennis Buzz

“Avec lui, les gens ont l'impression d'assister à une corrida. C'est comme si une odeur de sang se dégageait et qu'un taureau entrait dans l'arène.” - Alex Corretja à propos de Rafael Nadal

US Open 1991-1992: Edberg, le paradis en enfer

A la veille de cet US Open 1991, on ne sait plus si Stefan Edberg, 25 ans, rêve encore d’une première victoire à Flushing Meadows, lieu maudit pour l’ange blond venu de Suède.

Deux demi-finales (1986 et 1987) constituent ses meilleurs souvenirs dans une épreuve où il collectionne les désillusions. En 1988, sur un Stadium Louis Armstrong balayé par un vent violent et sur lequel virevoltaient des papiers gras, il a été durement vaincu par Aaron Krickstein, l’une de ses bêtes noires. En 1989, Jimmy Connors, déchaîné, ne lui a laissé que six jeux en huitièmes de finale. En 1990, alors qu’il venait de devenir n°1 mondial pour la première fois à la faveur d’un été somptueux, il est devenu la première tête de série n°1 de l’histoire à dsiparaître au premier tour, face au Soviétique Alexander Volkov.

Bref, ça ne rigole pas pour Edberg à New York et ça ne rigole pas non plus ailleurs pour lui en cette année 1991 où les frustrations ne le lâchent pas d’une semelle.

A l’Open d’Australie, il a manqué deux balles de match en demi finale contre Ivan Lendl. A Roland Garros, il n’a jamais paru aussi désemparé que lors de son échec face à Jim Courier. A Wimbledon, enfin, il a perdu son titre en quatre sets contre Michael Stich sans avoir pourtant concédé une seule fois son service. Et ce ne sont pas les quatre tournois de préparation avant l’US Open qui l’ont rassuré: il n’en a gagné aucun et a subi deux revers très sévères contre Pete Sampras à Cincinatti et Ivan Lendl à Long Island.

N°2 mondial, mais à bonne distance derrière Boris Becker, Edberg débute cet US Open sans franchement convaincre. Au premier tour, il sauve deux balles de deux sets à un contre lui face à l’Américain Bryan Shelton. Lors de son troisième match, il lâche encore une manche contre un autre joueur local, Jim Grabb. Mais sa rencontre contre Michael Chang en huitièmes de finale marque une sorte de réveil pour lui, alors que Boris Becker, blessé à la cuisse droite, s’est incliné la veille contre la Néerlandais Paul Haarhuis. Trois sets lui suffisent pour mater son bourreau de Roland Garros en 1989. “Ce match contre Chang a été un match décisif. Grâce à Chang, qui restait au fond du court, j’ai pu retrouver mon rythme et tenter beaucoup de choses en défense et en attaque.”

Mais le sursaut d’Edberg passe complètement inaperçu au coeur d’un tournoi qui ne vibre qu’au rythme de la folie Connors. A 39 ans, l’ancien n°1 mondial électrise un public de Flushing Meadows qui chavire complètement le jour de son extraordinaire victoire sur Aaron Krickstein en huitièmes de finale.
En toute discrétion, le Suédois se retrouve donc en demi finale après un rapide succès sur Javier Sanchez. En fin de matinée, c’est Ivan Lendl qui lui fait face, mais la turbulente foule new-yorkaise n’attend, elle, que le choc prévu plus tard entre Jim Courier et Jimmy Connors. En 2h08 et trois manches (6-3 6-3 6-4), Edberg balaye Lendl qui a presque donné l’impression de ne jamais y croire. “Aujourd’hui, il m’était impossible de bien retourner tant il servait bien”, admet le Tchécoslovaque.

Edberg est en finale et ce sera contre Courier, facile vaiqueur de Connors. Ce dimanche 8 septembre 1991, l’élégant serveur volleyeur joue ce qui restera le meilleur tennis de sa carrière pour punir l’Américain à la casquette sur le score de 6-2 6-4 6-0. “C’était comme dans un rêve, avouera-t-il au comble du bonheur. Je pouvais tenter tout ce que je voulais, j’étais presque sûr d’y arriver. Plus le match avançait, plus je me sentais détendu, serein, maître de tout.” “A aucun moment, il ne m’a laissé la moindre chance, constatera Courier. Si, une fois, au 10è jeu du deuxième set, quand j’ai eu une balle de 5-5, mais il l’a sauvée grâce à un smash comme on en réussit deux dans une vie”.

Grâce à ce triomphe, le cinquième pour lui dans le Grand Chelem, Edberg redevient n°1 mondial. Un an plus tard, il récupérera encore sa couronne ATP dans les mêmes lieux, succédant à Jim Courier. En 1992, le Suédois gardera en effet son titre après avoir gagné consécutivement trois matches en cinq sets contre Richard Krajicek (4h20), Ivan Lendl (4h03) puis Michael Chang (5h26), en revenant à chaque fois d’un break contre lui lors de la manche décisive! Avant de dominer Pete Sampras en finale.

Malgré cet exploit insensé, c’est sur l’année 91 que nous finirons:

“Grâce à Jimmy Connors, personne ne m’a remarqué avant le dernier jour. Il a fait l’histoire de ce tournoi, mais dans 50 ans, lorsque les gens regarderont le nom du vainqueur en 1991, ils ne verront que le mien”.

Tennis Buzz

A lire sur Tennis Buzz: le Trophée des Légendes, Place au service volée, Journée Benny Berthet vs Arthur Ashe Kids' Day.

Classement ATP
Classement WTA

Abonnez vous au flux RSS:

Annonces

Accessoires Tennis

Aucun commentaire, laissez un commentaire ou faites un trackback.

Laisser un commentaire


Recherche

Sondage

Qui aura remporté le plus de Grand Chelem dans 10 ans?

Voir les résultats

Loading ... Loading ...