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“Avec lui, les gens ont l'impression d'assister à une corrida. C'est comme si une odeur de sang se dégageait et qu'un taureau entrait dans l'arène.” - Alex Corretja à propos de Rafael Nadal

Simone Mathieu

Par Martin Couturié - Le Figaro

La jupe est longue, la raquette en bois, le maquillage soigné, le sourire charmeur. Cette femme est belle et elle gagne. Le plus grand palmarès français à Roland-Garros. Deux triomphes en simple en 1938 et 1939, six finales en 1929, 1932, 1933, 1935, 1936, 1937, six victoires en double dames en 1933, 1934, 1936, 1937, 1938, 1939, deux succès en double mixte en 1937 et 1938… Commentaire admiratif du Mousquetaire Henri Cochet : «Tous ceux qui l’ont vu disputer un match n’auront pas oublié son courage, sa volonté, sa force morale, et ils savaient que tant que la dernière balle n’était pas jouée Simone conservait une chance de vaincre.»

Dotée d’un tennis complet et d’un coup droit puissant et précis, Simone Mathieu règne sur le tennis français entre Suzanne Lenglen et Françoise Dürr. Fille d’un président du Stade Français, née le 31 janvier 1908 au 82 de la rue Charles-Laffitte à Neuilly-sur-Seine, elle devient la première championne de France junior déjà mariée, avant de marquer son époque et ses rivales de son fichu caractère.

La Seconde Guerre mondiale met fin prématurément à son imposante domination à Roland-Garros. La débâcle la surprend aux Etats-Unis. Cette maîtresse femme n’hésite pas et file à Londres pour devenir l’une des premières Françaises à rejoindre le général de Gaulle. Elle lui suggère, et obtient, la création d’un corps auxiliaire féminin dans les Forces françaises, puis démontre à ses côtés, tout au long de ses terribles années de conflit, la même détermination que celle qui la caractérise sur un court de tennis. Des photos de l’époque la montrent ainsi en uniforme militaire en train d’inspecter ses troupes.

En 1944, elle retrouve enfin sa terre natale et ses enfants, après quatre ans d’absence, auréolée du grade de capitaine. C’est en tenue des Forces françaises qu’elle arbitre le match de la libération, le 17 septembre 1944 à Roland-Garros, entre Henri Cochet et Yvon Pétra. Puis elle tient d’une main ferme le poste de capitaine de l’équipe de France féminine de 1949 à 1960. Vingt ans plus tard, à l’âge de 72 ans, elle s’éteint, non sans avoir combattu la maladie avec sa rage légendaire. Et écrit dans la grande légende de Roland-Garros et de la France deux chapitres uniques.

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